Ce choix stratégique semble motivé par le coût élevé du financement. Le Trésor a vraisemblablement jugé certaines propositions trop onéreuses, préférant emprunter moins plutôt que de s'engager à des taux qui alourdiraient davantage la charge de la dette, dans un contexte d'endettement déjà élevé.
Les obligations assimilables du Trésor à trois ans ont particulièrement illustré cette difficulté, avec plus de la moitié des offres écartées. Le rendement moyen pondéré pour ces titres a atteint 8,16 %, le niveau le plus élevé de l'adjudication, signalant une prime importante exigée par les investisseurs pour prêter au Sénégal à moyen terme.
Les bons assimilables du Trésor à 364 jours et les obligations à cinq ans se sont mieux comportés. Pour ces dernières, l'État a accepté la totalité des 47,2 milliards de FCFA proposés, à un rendement moyen pondéré de 7,82 %, en baisse par rapport à l'opération précédente, montrant une certaine confiance des investisseurs pour les engagements de longue durée.
Cette opération, qui intervient alors que le Sénégal est engagé dans un plan de traitement de la dette publique, révèle l'incertitude du marché. Les investisseurs semblent craindre les tensions de trésorerie à moyen terme, et l'État doit trouver des fonds ailleurs pour couvrir ses besoins pressants.