Plusieurs facteurs expliquent cette hausse. La transhumance des éleveurs entre mai et août, période durant laquelle ils recherchent des pâturages, réduit l'approvisionnement. De plus, la crise malienne a coupé les routes d'approvisionnement, le Mali étant un fournisseur clé de bétail pour le Sénégal. L'insécurité liée au djihadisme et aux coupeurs de route empêche désormais les marchands et éleveurs maliens d'accéder au marché sénégalais.
La rareté du bétail est également exacerbée par le fait que les éleveurs sénégalais vendent rarement leur bétail pour des raisons de prestige, forçant les professionnels à s'approvisionner dans des zones reculées. Le coût élevé de l'aliment de bétail contribue aussi à la cherté, un sac de foin de 25 kilogrammes se vendant désormais à 9 000 francs, contre 2 000 francs par le passé. La présence de nombreux intermédiaires, ajoutant des frais sans valeur ajoutée, est aussi pointée du doigt.
Les prix ont significativement augmenté. Le kilogramme de viande de bœuf, qui oscillait entre 3 500 et 3 800 francs, varie actuellement entre 5 000 et 5 200 francs CFA aux abattoirs. Pour la viande de mouton, le kilo est passé de 4 000-4 200 francs à 5 500-6 000 francs. Un professionnel ayant 45 ans d'expérience a rappelé que le prix du bœuf n'avait jamais dépassé 2 500 ou 3 000 francs auparavant.
Cette situation impacte négativement les ménages et menace les bouchers de chômage technique. Face à cela, les acteurs de l'élevage réclament des solutions d'urgence. L'Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen) appelle l'État à encadrer les prix et à éliminer les intermédiaires pour rendre la viande accessible aux consommateurs.
